Nucléaire : quel avenir avec un aussi lourd passif ?

Nucléaire danger

Marc Saint Aroman pour l’ENSEEIHT – 2005
Ce texte a été publié en mars 2005 dans la revue Canal N7,
journal de l’association des ingénieurs de l’I.E.T.- E.N.S.E.E.I.H.T.
Il reçu de violentes critiques de la part d’ingénieurs en retraite de chez EDF…
Les ingénieurs des autres branches industrielles ne se sont pas manifestés.

1 / Expérimentations nucléaires, banques de données et normes de radioprotection – la sécurité discutable… mais peu débattue :

Depuis l’extraction laborieuse de polonium et de radium à partir de plusieurs tonnes de pechblende par Pierre et Marie Curie en 1898 en passant par l’arme atomique et jusqu’à la large utilisation du nucléaire pour produire de l’électricité, les dégâts des rayonnements ionisants sur l’homme ont rempli une énorme bibliothèque de référence. La première banque de données concerne les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. Vinrent ensuite, à travers le monde, des expérimentations réalisées sur des civils et des militaires qui furent placés, très souvent délibérément dans les champs de tirs atomiques atmosphériques afin d’étudier l’impact que ces tirs et leurs retombées avaient sur eux. En ex-union soviétique, un million de personnes environ, dans un rayon de 160 km, furent exposés à un tir de 20 kilotonnes à 350 m d’altitude réalisé par l’armée en septembre 1954. Sur les terrains brûlants de radioactivité de ce tir 45 000 soldats firent ensuite des exercices imposés (1). La France en fit de même en Algérie à partir de 1960 puis en Polynésie de 1966 à 1974 à travers des essais atmosphériques (2). Les Etats Unis ne furent pas en reste puisqu’après avoir testé les effets sur l’homme de la bombe à fission au Japon, ils testèrent ceux de la bombe à fusion sur la population de Rongelap le 1er mars 1954 (3). Il y eut également des expérimentations humaines dans le Tennessee ou fût administré à 700 femmes enceintes des pilules radioactives exposant les fœtus à des doses trente fois supérieures à la normale. Des injections directe de radioactivité à travers des piqûres furent même réalisées aux Etats Unis sur des hommes et des femmes en toute connaissance de cause précisait le mensuel La Recherche (4).Ce journal indiquait, en couverture, que ” les documents mis à jour par la commission d’enquête révèlent un état d’esprit très voisin de celui des médecins nazis “. C’est l’ouverture américaine de dossiers qui a permis ces révélations alors que les autres états au monde montrent peu d’empressement à ouvrir les leurs.

Dans La Recherche n° 308, sous le titre “Quand un cancer est-il d’origine radioactive ?”, on pouvait lire que d’importantes bases de données furent établies suite aux traitements médicaux par radiothérapie. Bernard Dutrillaux, auteur de l’article, indiquait que les leucémies secondaires après une radiothérapie, survenaient dans un délai de 5 à 15 ans.

La dernière importante collecte d’information de l’impact de la radioactivité sur le vivant concerne l’accident nucléaire civil de Tchernobyl ou plusieurs millions de personnes ont été et continuent d’être plus ou moins exposées (5). En Bielorussie, 16 millions d’hectares de terres arables sont impropres à la culture et 2,2 millions de personnes vivent dans des territoire contaminés. L’Ukraine, considérée comme le verger et le grenier du pays a vu 135 000 personnes déplacées après avoir reçu des doses comprises entre 120 à 500 fois celle fixées comme limites au niveau international. C’est une superficie égale à la Grande Bretagne peuplée de 18 millions d’habitants qui aurait dû être évacuée. Kiev n’a pas été épargnée et cette ville aurait également dû être évacuée de ses 3 millions de personnes. En fédération de Russie, 150 000 km2 sont contaminés et 2000 km2 sont sous contrôle permanent. 4,5 millions de personnes sont officiellement concernées par des contaminations. A cause de leurs maigres revenus, les gens sont obligés de consommer leur production contaminée. L’eau potable de l’équivalent de 30 millions de personnes est contaminée (5b).

Le professeur Youri Bandajevsky, médecin et anatomo-pathologiste nommé recteur de l’Institut Gomel en Biélorussie en 1990, a étudié avec sa femme pédiatre et cardiologue, les effets du Césium 137 sur les enfants, pour lesquels, tous deux ont démontré l’apparition de maladies cardio-vasculaires, cataractes, vieillissement précoce, maladies réservées habituellement aux personnes âgées… Leurs travaux ont été interrompus par l’emprisonnement de Youri Bandajevsky, pour un motif fallacieux de corruption. De nombreux citoyens, soutenus aujourd’hui par des académiciens dans leur démarche, se battent encore pour sa libération.

Après de nombreux retours d’expériences, la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) à modifié les normes de radioprotection internationale les faisant passer de 0,2 röntgens (première unité de mesure mise en place) par jour soit, en équivalent actuel, environ 730 mSv/ an – en 1934 à 365 mSv/an en 1936 et 1mSv/an en 2002 pour la population (6). Une confusion sur exposition externe et irradiation interne aux radiations est savamment entretenue par les tenants du nucléaire alors que ces deux types expositions n’ont aucun rapport. Il est même régulièrement fait appel à des comparaisons entre irradiation interne et radio pulmonaire. A titre d’exemple, Maurice Eugène André – spécialiste en protection nucléaire, bactériologique chimique et radiologique, indique que le plutonium 239 inhalé ou ingéré se positionne à proximité immédiate de cellules vivantes. Il émet alors des bombardements alpha-gamma, à la vitesse de 20 000 kilomètres par seconde. Les tirs sont constitués par 4 masses neutroniques (2 protons et  2 neutrons) équivalente à la masse de 348 électrons. Ces tirs détruisent les ADN. Ce spécialiste rajoute que l’on constate aussi que le plutonium 239, sous forme insoluble, n’est pas excrété par l’organisme et de ce fait ne se dilue pas dans l’organisme. Dans cette configuration il représente une source radioactive interne qui bouge peu ce qui aggrave considérablement son effet destructeur.

Dans un contexte international tendant à minimiser l’impact des radiations à cause des coûts très importants qui en résulteraient pour l’industrie nucléaire, la France arrive dans le peloton de tête. Elle a en effet retardé l’application de la nouvelle réglementation imposée par Bruxelles, à travers une directive européenne, qui fixait la date butoir du 13 mai 2000 pour l’application de ces normes aux travailleurs et au public. Cette réglementation est entrée seulement en vigueur le 6 avril 2002. Un expert économique allemand, Wolfgang Irrek, déclarait: ” …Dans des pays ou on néglige encore plus la sécurité (ndr qu’en Allemagne) et on s’occupe encore moins d’élimination des déchets, comme en France, les centrales sont encore plus rentables “. (7)

En 1990, le ministre Hubert Curien demandait à l’Académie des Sciences, si une révision des normes appliquées à l’époque en France était nécessaire. La revue ” La Recherche ” faisait remarquer que l’Académie concluait son rapport sur l’absence de nécessité de révision des normes alors que des éléments de son travail prouvaient le contraire ! (8) La négation des risques liés au nucléaire civil en France est même réalisée par des scientifiques de haut niveau comme le prix Nobel de physique Georges Charpak.

Pour certains, la radioactivité serait inoffensive et deviendrait même bénéfique à petite dose : cette théorie, empruntée à un autre secteur de la science, porte le doux nom d’hormesis (9).

Dans le milieu médical également, le Professeur J.F Viel, de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Besançon, précisait qu’il était difficile pour des médecins effectuant des traitements à partir de rayonnement ionisants d’imaginer que ceux-ci puissent avoir, à faible doses, un impact négatif sur la santé. (10)

 

2 / La création et la dispersion de radionucléides au cours du cycle de production de l’énergie nucléaire :

Une large diffusion planétaire de la radioactivité artificielle se développe en ce début de troisième millénaire malgré sa nocivité biologique avérée. La dispersion commence dès la mine d’uranium : l’extraction de l’uranium nécessite le concassage de grandes quantités de minéraux engendrant des stériles qui diffusent lentement vers l’environnement (nappes phréatiques et atmosphère) : de l’uranium 238 (le plus présent) ainsi que du radium et du radon (pour 3 t d’uranium environ il y a production d’un gramme de radium et dégagement de quelques millimètres cubes de radon). L’essentiel de cette radioactivité, aujourd’hui dispersée, était figé dans la roche depuis des millénaires. Il est à noter que pour le fonctionnement de ses réacteurs, la France importe actuellement 100 % de son combustible de pays ou la main d’œuvre aborigène est très largement exploitée (Afrique, Canada, Australie…). Les travailleurs bénéficient, en prime, d’une importante exposition à la radioactivité.

Après le concassage, les minerais sont triés suivant leur radioactivité et sont broyés plus finement et traités chimiquement. Un solvant permet ensuite d’extraire l’uranium de la solution obtenue. Le concentré d’uranium obtenu est dénommé “Yellow cake“. Les opérations de lessivage et la lixiviation engendrent des déchets contenant de l’uranium ainsi que pratiquement tout le radium du gisement. Une nouvelle diffusion environnementale à lieu à travers l’enrichissement du yellow cake, transformé à son tour en dioxyde d’uranium puis en hexafluorure d’uranium. (11)

Sur la base des données de Jacques Leclercq, (11) nous avons pu établir que, pour un gisement à 0,1 % : EDF consommant environ 1200 tonnes de “combustible” nucléaire par an, ceux-ci nécessiteraient le concassage d’environ 1,2 millions de tonnes de minerais ainsi qu’une masse de stériles comprise entre 120 000 t et 36 millions de tonnes ! Voici l’exemple d’un maillon générateur de gaz à effet de serre oublié dans le cycle de production nucléaire.

L’usine d’enrichissement “Eurodif” à Pierrelatte est gigantesque, elle comporte 1400 étages de diffusion qui nécessitent pour leur fonctionnement la production permanente des 4 réacteurs nucléaires de Tricastin. La préparation des éléments à l’oxyde d’uranium (l’UO2) constitue la fin de la chaîne.

Une autre dispersion de la radioactivité est liée à la production d’électricité issue des réacteurs à travers leurs rejets chroniques et gazeux dans la biosphère (12). Les limites de ces rejets n’ont pas vraiment été fixées en fonction de leur toxicité pour le vivant mais en grande partie sur la base de niveaux imposés par la technologie retenue. A titre d’exemple, l’eau borée de refroidissement du circuit primaire, sous l’impact des neutrons, produit du tritium (hydrogène radioactif de 12 ans de demi-vie ) : EDF reconnaît ne pouvoir stocker les quantités importantes générées par ses réacteurs et ce tritium est donc tout simplement rejeté dans les fleuves ou en mer. Alors que ce radioélément n’est présent naturellement qu’à quelques becquerels par mètre cube, ce sont plusieurs dizaines de milliers de becquerels par m3 qui sont régulièrement mesurés dans le fleuve (67 506 milliards de Becquerels ont été rejetés en 2003 dans la Garonne par les deux réacteurs de Golfech). Pourtant le tritium, aux caractéristiques chimiques proche de l’hydrogène, est traité par l’organisme vivant récepteur comme tel et est donc dirigé vers les organes cibles de l’hydrogène : on ignore aujourd’hui à peu près tout de sa toxicité (13). Des centaines de millions de becquerels de Cobalt, de Césium…sont également rejetés en toute ” légalité“. L’atmosphère n’est pas épargnée, toujours en 2003, 2 155 milliards de becquerels de tritium et 570 milliards de Becquerels de gaz rares et halogènes ont été rejetés dans l’air par les deux réacteurs (iode 131 de 8 jours de demi-vie, iode 133, krypton 85 de 10,7ans de demi-vie…). Il ne faut pas perdre de vue que c’est EDF qui fournit les chiffres : à titre d’exemple, pour les rejets gazeux, le système de mesure pour le tritium, appliqué à tout le parc vient de montrer à Cattenom une sous estimation de 60 % des chiffres mesurés depuis des années par l’électricien.

Toujours pour ce qui concerne la production d’énergie, l’irradiation dans les réacteurs dure 3 ans – pour les réacteurs de 1300 MWé, le temps de passage du combustible dans le réacteur est passé à 54 mois et une demande de prolongement va bientôt être adressée par EDF à l’Autorité de Sûreté Nucléaire – lorsque s’arrêtent les réactions en chaîne, le combustible usé, déchargé du réacteur, génère le plus gros des déchets de forte activité. Ces déchets comprennent – des résidus de fission d’uranium et de plutonium (désignés par P.F.) – des éléments plus lourds que l’uranium (les transuraniens) .

Les combustibles usés dégagent une forte chaleur due à l’émission intense de rayonnement bêta et gamma.

Après 3 à 5 ans de refroidissement en piscine ( temps qui serait plus court en France), les P.F. présents dans le combustible sont essentiellement constitués de Césium 137 (demi-vie 30 ans ), de strontium 90 (demi-vie 28 ans ), de technétium 99 (demi-vie 213 000 ans) d’iode 129 (période 16 000 millions d’années)…

Vient ensuite le retraitement du combustible aujourd’hui seulement réalisé en France et en Grande Bretagne reconnu comme une aberration économique (14).

Le retraitement contamine largement la mer du Nord. La Hague a rejeté 486 t de déchets radioactifs par jour en 1994. En 2000, douze pays sur quinze de l’axe Oslo – Paris (OSPAR) ont décidé la révision des autorisations des rejets radioactifs en mer en vue d’encourager l’option de stockage à terre pour la protection du milieu marin. Ce projet à reçu l’opposition de trois pays dont la France et le Royaume-Uni ! Malgré une entrée en vigueur réglementaire le 16 janvier 2001, ces deux pays ne respectent toujours pas cette décision. (15) La France a même réussi à obtenir, pour l’usine de La Hague, de nouveaux permis de rejet par décision du 10 janvier 2003.(15b)

 

3 / les faiblesses et failles inhérentes à la technologie nucléaire :

Quelles que soient les technologies retenues pour les réacteurs, les activités neutroniques, les pressions importantes mise en jeux et les niveaux élevés de température soumettent tous les matériaux exposés à rude épreuve. A titre d’exemple, les 58 couvercles de cuves de nos réacteurs REP français seront changées ( début 2004, 43 couvercles de cuve ont déjà été changés) quelques uns, comme à Golfech dans le Tarn et Garonne, le seront après seulement 13 ans de fonctionnement. Brian Tomkins (Chief technologist, AEA technologie au Royaume-Uni) précise que ” l’industrie nucléaire se trouve confrontée à un réel problème de vieillissement qui peut mettre en cause aussi bien la sûreté que la rentabilité. “. Il précise que – Les rayonnements ajoutés à la chaleur rend l’accès aux principaux composants difficile tant pour la détection des défauts que pour les réparations et remplacements – La disparité des matériaux rend la gestion de la dégradation difficile – Malgré l’utilisation de codes de conception les meilleurs possibles, ils se sont avérés incapables de prévenir les dégradations successives – (16). Matthieu Schuler et Philippe Merle, pour leur part (du bureau de contrôle des chaudières nucléaires, BCCN), indiquent que malgré des efforts importants sur la fabrication des cuves de réacteur et de leur traçabilité, les problèmes rencontrés nous rappellent ” que la nature est plus inventive que les ingénieurs et que la deuxième ligne de défense qu’est la surveillance en service est nécessaire “. Pour ces deux responsables du BCCN, compte tenu du nombre de mauvaises surprises rencontrées dans le dossier des cuves, il serait bien imprudent de conclure que tout va bien jusqu’à 40 ans.(17) C’est pourtant ce qu’à fait François Roussely avant son éviction de la présidence d’EDF en faisant passer, sur le papier, la durée de vie des centrales de 30 à 40 ans. D’un simple coup de crayon, les finances d’EDF ont été assainies mais aucun des problèmes concrets qui se posent n’ont été résolus.

Ces dernières années ont également révélées toutes les faiblesses liées à l’exploitation de l’énergie nucléaire :

  • les attentats : Parmi toutes les agressions, la chute d’un avion de ligne serait la plus grave. Les attentats du 11 septembre ont montrés que tous les systèmes de sécurité et de commande des réacteurs étaient sans protection, à l’extérieur de l’enceinte de confinement : en effet, par conception, c’est des risques d’explosion du circuit primaire, et en particulier de la cuve, que devaient être protégés ces éléments de sécurité. L’étude réalisée par l’IPSN, sensée faire la lumière sur ce type d’agression, a été classée confidentielle défense : pour nous, ce secret ne sert pas à cacher les données à des personnes mal intentionnées (qui peuvent aisément en disposer par d’autres voies tout aussi simples) mais bien à bloquer une information qui engendrerait la demande de mise à l’arrêt des réacteurs de la part des citoyens informés

– les phénomènes naturels :

  • Les séismes ; La France est un cas difficile car l’activité sismique se répartit sur des centaines de failles modestes. Ses archives sismiques sont insuffisantes. Les réacteurs de 900 MWe ont été conçus pour résister à un séisme d’intensité VII ( VIII pour Tricastin située dans la vallée du Rhône). Les réacteurs de 1300 MWe ont été dimensionnés pour un séisme niveau VIII ( d’après La Recherche avril 1997). Depuis leur construction, les réacteurs ont subit des phénomènes d’usure et de corrosion qui ont aujourd’hui fait baisser la résistance d’éléments essentiels (fixation de réservoirs, tirants de fixation de cuve noyés dans la structure en béton…) : plus aucun réacteur français n’est conformes du point de vue sismique et pas seulement sur les aspects liés à l’évolution de la réglementation en la matière comme voudrait le laisser entendre EDF.
  • Les inondations ; la réglementation française prévoit que devront rester assuré en cas d’inondation : l’arrêt sûr des réacteurs – le refroidissement du combustible et le confinement des produits radioactifs. L’inondation est repérée par la côte majorée de sécurité qui est définie par site, et cette côte fixe le niveau de la plate-forme. (18) Pourtant, en décembre 1999, un incident grave est survenu à la centrale du blayais en Gironde: le plan d’opération interne niveau 2 fût déclenché depuis Paris, quelques heures après le début de la tempête suite à la perte d’une voie d’alimentation de tous les systèmes de sécurité et alors que celle de secours était incertaine (19). Il est à noter que si l’intensité de la marée avaient été plus importante des systèmes de sécurité important auraient bel et bien été mis hors d’usage.

Viennent ensuite les incidents et accidents qui dispersent, suivant leur gravité, des quantités plus ou moins importantes d’éléments chimiques et radioactifs dans l’environnement.

 

4 / accidents et périls nucléaires :

Depuis 1945, une soixantaine d’accidents de criticité sont survenus dans le monde : pour les installations électronucléaires, nous avons déjà évoqué l’accident de Tchernobyl pour lequel aucune information n’est disponible sur le devenir médical des 800 000 liquidateurs. Il y a eu Windscale en Grande Bretagne survenu en 1957, Three Misle Island en 1979, Saint-Laurent-des-eaux en 1980 (20) et plus récemment, le 30 septembre 1999 l’accident de criticité de Tokaï-mura au Japon ou il fallut attendre 17 h pour arrêter définitivement la réaction en chaîne et ou trois ouvriers ont reçus des doses importantes (jusqu’à 340 fois la limite de dose annuelle pour les travailleurs ). Deux de ces ouvriers sont morts quelques mois plus tard et 439 personnes ont été irradiées.

La France se prépare à des accidents sur ses installations nucléaires de base : en 1996 on pouvait lire dans La Recherche n° 286, sous la plume d’Hélène Crié que “ l’hypothèse de l’accident nucléaire est accepté par les autorités, et l’on s’y prépare “. L’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques notait en 1987 ” l’absence de crédibilité ” du système français de contrôle tant sur le suivi des installations que sur la protection des populations. Les gens qui juraient que la France était à l’abri de tout péril énonçaient, suite à Tchernobyl que ” le risque nul n’existe pas “. De nombreux exercices de crise à échelle très réduite ont eu lieu sur les sites nucléaires depuis plusieurs années. A Belleville, par exemple, les responsables de la sûreté établissaient un scénario prévoyant des rejets de radioactivité autour de la centrale et dans un rayon de 100 km : EDF s’était pourtant évertué, depuis des années, à expliquer qu’une telle situation était rigoureusement impossible. Il y a quelques années, la préfecture du Tarn et Garonne avait sollicité de Météo France, la réalisation d’une simulation de la dispersion atmosphérique des radionucléides suite à un accident majeur survenant à Golfech. Les cartes montraient qu’en trois jours la pollution radioactive s’étendait de l’Afrique du nord à la Norvège en balayant au passage toute l’Europe.

L’accident grave est toujours dû au fait que le cœur des réacteurs n’est plus suffisamment refroidi (pour des raisons diverses) ou trop refroidi. La surpression étudiée dans certains scénarios peut conduire à la destruction de l’enceinte de confinement qui entoure le cœur du réacteur. Parmi les nombreuses hypothèses de cause d’accident majeur, une concerne l’éjection d’une barre de contrôle (suite au problème de fissuration des couvercles). Le mensuel La Recherche de septembre 1993 précisait que l’effacement rapide de la barre provoquerait “une brusque augmentation du nombre de neutrons disponibles, d’où un emballement de la réaction en chaîne comme dans une bombe atomique“, sous l’effet de l’explosion le combustible se disperserait, et les conditions permettant la réaction en chaîne ne seraient plus remplies – après un an de fonctionnement le cœur contient l’équivalent de 1000 bombes d’Hiroshima (21).

L’expérience a montré que les accidents graves surviennent à la suite de l’accumulation d’incidents considérés comme mineurs a priori. En France, sur le parc de 58 réacteurs, plus d’un incident classé sur l’échelle internationale des risques nucléaire survient chaque jour. De 1994 à 1998 il y a eu 2137 incidents classés (22).

La soixantaine d’accident de criticité survenus dans le monde ont montré le caractère dérisoire des mesures préventives prises pour les prévenir, l’impossibilité de leur gestion et surtout leur inacceptabilité devant les échelles de temps (contamination par des radionucléides à durée de vie hors échelle humaine) et d’espace mise en jeux (voir le paragraphe précédent par rapport à l’étude de Météo France) ainsi que les atteintes irréversibles à la vie à travers les effets mutagènes des radioéléments. La théorie du syndrome chinois a été validée à Tchernobyl ou le réacteur en fusion s’enfonçait de l’équivalent d’un étage tous les 9 jours et pour lequel une équipe de 400 mineurs réalisa, en 15 jours, un tunnel afin d’installer sous le réacteur une boucle de refroidissement (23).

Pour ce qui est des sources de diffusion militaires, quelques informations ont réussi à traverser le secret défense, la plupart du temps à cause du gigantisme de leur impact : il y eut le tir raté (puissance de la bombe sous-estimée, météorologie…) des îles Marshall en mars 1954, Kyshtym dans l’Oural en septembre 1957 entraînant la dispersion de 2 millions de curies sur plus de 15 000 km2 et ayant nécessité l’évacuation de 10 000 personnes (24). En France, la première bombe atomique française fut en partie testée en Seine-Saint-Denis. Lucien Beaudouin, un physicien de 79 ans qui a travaillé pendant trente ans au CEA, a décidé de dire toute la vérité sur les activités du Centre de recherche de Vaujours (Seine-Saint-Denis) en juin 2000. Il affirmait avoir “réalisé des tirs d’uranium. Des centaines...” et il rajoutait : “Jusqu’à huit par jour pour un seul poste de tir. J’en suis responsable. J’ai obéi aux ordres de mes supérieurs… “. La dispersion de radioactivité est également réalisée à travers les rejets chroniques des sous-marins atomiques ou à travers l’utilisation de projectiles (bombes, obus, balles…) à base d’uranium appauvri.

Les autorités militaires françaises affirment que ce matériel ne pose aucun problème alors que, lors de l’impact des projectiles à l’uranium appauvri, se produit une diffusion importante de fines particules très toxiques facilement inhalées par les personnes exposées. Le ministère britannique de la Défense reconnaissait en 1997, dans un document interne, que l’exposition à la poussière produite par l’explosion de ce type de munitions “augmente les risques de cancer lymphatique, de cancer des poumons et du cerveau ” (25)

Ce métal, ayant une résistance bien supérieure à celle du tungstène pour un coût nettement plus faible ( puisqu’il s’agit d’un déchet), est ainsi “recyclé” à bon compte. Les troupes, maintenant informées des dangers qu’elles encourent, accepteront-elles encore longtemps leurs expositions sur les champs de bataille ?

 

5 / Le problème insoluble des déchets :

Pour ce qui concerne les déchets radioactifs, le mensuel La Recherche de septembre 1997, dans la conclusion de son éditorial consacré à cette question, indiquait que nous étions confrontés à un bel exemple d’imprévoyance majeure : Les puissances nucléaires ont lancé leurs programmes civils sans intégrer une réflexion approfondie sur la question des déchets ni sur le problème de la destruction des centrales désaffectées.

Pour le démantèlement 3 milliards d’euros ont été débloqués en 2002 pour nos 10 réacteurs français de première génération graphite gaz (UNGG). Le chiffrage final étant bien entendu inconnu et dépendant essentiellement de la façon dont est appliqué la réglementation pour les travailleurs particulièrement pour les intérimaire ainsi que la façon dont seront “gérés” les déchets (Enfouissement définitif ou réversible pour les haute activité vie longue, ” recyclage ” par remise dans le ” circuit ” des très faible activité (TFA) ou stockage…).

Pour ce qui concerne les déchets haute activité à vie longue, il n’existe aucune solution au monde. La Finlande est pour l’instant la seule à avoir arrêté un site de stockage. Ceci lui permet de créer l’illusion qu’elle a trouvé une solution, et ainsi de pouvoir parler de relance du nucléaire.

L’analyse de sûreté d’un stockage implique l’estimation du risque qu’il fait courir aux générations futures et dont on juge qu’il doit être conforme aux normes de la CIPR. Chacun estime le temps à sa manière pour les scénarios futurs; la loi aux Etats Unis fixe 10 000 ans. En France la loi ne fixe pas de limite mais considère que l’analyse doit être précise sur les premiers 10 000 ans, indicative au-delà. En Suède des analyses de sûreté ont été menées jusqu’au milliard d’années (26).

Pour les opérateurs du nucléaire, le problème de ces déchets haute activité et vie longue ne serait qu’une question de recherche et donc de finances.

A cause de la masse critique, les déchets sont séparés en petits volumes sous-critiques – pour le plutonium, la réaction en chaîne incontrôlée se produit à partir de 510 g – 4 kg de ce plutonium représentent l’équivalent d’un volume surcritique qui permet la réalisation d’une bombe atomique. Un an de production d’électricité française engendre environ 1600 t de déchets haute activité qui pour leur stockage provisoire nécessite le forage de 2000 puits contenant chacun treize conteneurs à La Hague (26). La propagande d’EDF, de l’ANDRA ou d’Areva proclamait hier qu’une piscine olympique suffisait à stocker les déchets, faisant mine d’ignorer que les déchets ne pouvaient pas être stockés ensemble. En effet, suite aux problèmes de migration de radioéléments et aux problèmes thermiques, l’aménagement d’espaces importants sont indispensables au stockage des ces déchets. La quantité de ces déchets haute activité est aujourd’hui passée à l’équivalent de 5 piscines olympiques, les communiquants nous parlent donc maintenant de l’équivalent d’un Stade Olympique.. Toujours dans la communication, pour diminuer psychologiquement cette quantité de déchet dans l’esprit des citoyens, l’unité de référence est devenue le kilogramme par français.

Sur le projet de stockage de déchets en grande profondeur, trois événements récents majeurs renforcent nos craintes: – Le premier concerne la découverte de bactéries sur les gaines de combustible, dans les piscines de stockage : malgré la chaleur et l’activité intense qui règnent à cet endroit, ces bactéries corrodent les gaines et les traitements au chlore, eux aussi corrodants pour les gaines, sont impossibles à utiliser (27).

– Le deuxième concerne la découverte américaine de l’instabilité du dioxyde plutonium (PuO2) Ce dernier en présence de vapeur d’eau ou d’oxygène et lorsque la température se situe entre 25 et 350 degrés peut se transformer en un oxyde plus instable, tout en dégageant de l’hydrogène gazeux. L’ANDRA et le CEA, à travers des porte-parole, affirment que cette découverte ne remet pas en cause le concept de stockage en profondeur. Pourtant, Henri Métivier, directeur de recherche à l’IPSN, a décidé d’alerter les contrôleurs chargés de vérifier les lots de déchets et combustibles irradiés, afin de se prémunir contre tout risque. La physicienne Monique Sené fait preuve de la même prudence. ” Dans les colis vitrifiés, l’attaque sera assez lente, mais pourrait aider le mécanisme de fissuration, comme d’ailleurs les gaz qui se forment dans la chaîne de désintégration des corps radioactifs “, indique-t-elle, ajoutant qu’il reste beaucoup de travail pour mieux caractériser les formes physico-chimiques des corps et vérifier leurs propriétés de migrations – c’est d’ailleurs pourquoi elle préfère l’entreposage en surface ou subsurface à un stockage définitif de déchets radioactifs. (28) – Le troisième événement concerne la découverte allemande de gouttes d’eau sur des gaines de joints à l’intérieur du couvercle de conteneurs de stockage de déchets nucléaires (29). Cette découverte est d’autant plus surprenante que les conteneurs étaient séchés après leur chargement. Le ministère allemand de l’industrie indiquait que cela pouvait “signifier une corrosion dans un délais de 30 à 40 ans “.

– Sur le plan financier concernant les déchets haute activité vie longue, des 1,2 milliards d’euro évoqués pour leur stockage par le rapport Rouvillois en 1989, nous sommes passés à 3 milliards d’euros en 1999. Plus récemment, dans son rapport publié en janvier 2005, la Cour des Comptes indique que l’estimation du coût pour la gestion des déchets radioactifs haute activité à vie longue est sous-estimée par EDF et Areva de 5 à 18 milliards d’euros. Elle ajoutait : ” Ces difficultés conduisent à s’interroger sur la capacité financière des divers opérateurs à répondre à leurs obligations futures compte tenu de l’éloignement dans le temps d’opérations de stockage qui ne pourront avoir lieu avant 2020. “

Tout ceci n’empêche pas EDF et Areva de continuer à affirmer aujourd’hui que le prix du kilowatt nucléaire est parfaitement connu.

 

6 / Conclusion : quand le principe de précaution est rattrapé par le principe de certitude

Le lobby nucléaire défend l’innocuité de son activité par le fait que nous baignons dans la radioactivité naturelle : pourtant de combien de mutations génétiques, de malformations et de cancers cette radioactivité a-t-elle affecté l’humanité malgré son caractère naturel ? En 1998, le radon était responsable de 20 % des cancers du poumon aux USA selon le médecin Henri Paul Deshusses. Ce dernier démontrait dans son livre ” La radioactivité dans tous ses états ” comment il ne fallait pas rajouter de radioactivité artificielle à une naturelle déjà suffisamment ravageuse.

La nucléocratie avait misé sur les délais important entre exposition et les atteintes physiques dues aux expositions aux radiations ionisants. Il paraissait même quasiment impossible d’établir si l’origine d’un cancer était liée à la radioactivité (30); malgré cela, des associations viennent de se créer en France et de lancer des procédures juridiques afin de faire reconnaître, en particulier, la nom prise de mesure de protection par les autorités malgré leur connaissance d’un danger lié à une exposition à la radioactivité : nous citerons l’association française des malades de la thyroïde (31) et de celle des vétérans des tirs atmosphériques de l’Algérie et de Polynésie (32).

Le nucléaire ne tolère pas l’erreur alors que celle-ci est inhérente à l’activité humaine. Il est donc très important de sortir au plus vite de la technologie ou les divers concentrés nucléaires se moquent de toutes les barrières élaborées par les savants les ingénieurs et les techniciens.

Le contexte politique international et particulièrement les attentats du 11 septembre ont montré l’impossibilité, malgré des discours rassurants, de prévenir une attaque contre des installations nucléaires de base.

Pascal Colombani, président du conseil de surveillance d’AREVA, déclarait d’ailleurs à ce sujet : “Il est clair que pour les prochaines générations de réacteurs, il va falloir prendre ce nouveau risque en compte et certains projets parlent déjà de réacteurs enterrés“. On peut parfois s’interroger sur le niveau de bon sens de ce que nommait le philosophe Lanza del Vasto ” les trop intelligents “. Le 24 août 2002, le représentant démocrate américain Edward Markey, déclarait que, dans plus de la moitié des exercices de sécurité avec simulation d’attaque terroriste qui ont été effectués dans les centrales nucléaires, ce sont les “terroristes” qui ont gagné.

Comme nous l’avons vu, malgré les sommes énormes investies dans la recherche, pas l’ombre d’une solution se profile à l’horizon pour résoudre le problème des déchets

Les dérèglements climatiques ont déjà des effets bien visibles et menacent de plus en plus nos réacteurs qui sont proches des fleuves et mers pour assurer leur refroidissement. En France 40 réacteurs sur 58 ont leur plate-forme construites à moins d’un mètre de la Côte majoré de sécurité (calculée par rapport au risque de crue millénale). Le record appartenant à Dampierre avec 1,77 m en dessous de cette côte ! (33).

Le tsunami de décembre 2004 en Asie du sud a également montré le dérisoire des mesures qui peuvent être prises pour ce type de catastrophe : la centrale VVER 1000 et le surgénérateur en construction en Inde ont subit d’important dégâts. Pour la France

Alors bien sûr dans une France suréquipée – l’équivalent de 12 réacteurs français sur 58 servent, sur un an, à exporter du courant – excepté en demande de pointe puisque les réacteurs ne présentent pas de souplesse d’utilisation (34) – ce constat abrupt est masqué par les nucléocrates à travers le financement d’un matraquage publicitaire.

Parmi les dangers importants liés à l’utilisation de l’énergie nucléaire il y a celui de la prolifération : ce danger est aggravé par les transports nationaux et internationaux de matière fissile domaine parmi les plus sensibles du nucléaire. La décision de construction à Flamanville d’un nouveau réacteur EPR, toujours ” proliférant ” participe elle aussi à cette aggravation du risque (35).

Peut on continuer à mettre en péril l’humanité à travers une énergie qui, sans les optiques militaires n’aurait probablement jamais dépassé le stade expérimental et qui malgré les moyens énormes mis en jeu pour son développement, ne représente aujourd’hui que 6 % de la demande totale en énergie primaire mondiale contre 7 % le renouvelable (36).

Nous disposons aujourd’hui de deux chiffrages particulièrement édifiants :

  • L’accident de Three-Misle-Island a coûté aux Etats-Unis le prix de la construction de tout leur parc nucléaire.
  • Tchernobyl à coûté à l’ex-union soviétique 3 fois la totalité des bénéfices commerciaux enregistrés par l’exploitation de toutes les centrales nucléaires soviétiques entre 1954 et 1990, soit 36 ans ! (37)

Il est urgent de s’interroger sur la foi sans limite en la science qui habite nos nucléocrates français et de s’interroger sur les raisons qui président la sortie du nucléaire programmée chez tous nos voisins. – Italie – Allemagne – Belgique – Royaume Uni (38)– Espagne –

 

Références :

(1) Science & Vie n° 917 – février 1994,

(2) ” Le réveil des irradiés ” Libération le 17 01 2002,

(3) ” Stop Essais ” avril 2004 n°137

(4) ” Les cobayes humains du plutonium ” La Recherche n° 275 avril 1995 vol 26.

(5) Citons parmi la nombreuse bibliothèque – ” Tchernobyl, une catastrophe ” Bella et Roger Belbéoch – Éd. ALLIA, Paris 1993 – ” L’après Tchernobyl, des cancers en excès ” La Recherche 255 juin 1993 – ” Le sang désert des irradiés ” La Recherche n° 299 juin 1997 –

(5b) ” Autopsie d’un Nuage ” J.M Jacquemin.

(6) décret du 4 avril 2002.

(7) Quotidien allemand Tageszeitung du 15 mai 2001

(8) La Recherche n° 219 p. 269

(9) “Hormesis et radiations ionisantes ” Médecins et rayonnements ionisants, 1997 n°14.

(10) “La santé publique atomisée ” Radioactivité et leucémies : les leçons de La Hague. J-F Viel.

(11) ” L’ère nucléaire ” Jacques Leclercq, Sodel 1986 Editions du Chêne

(12) divers produits sont rejetés dans l’air et dans l’eau : produits d’activation : – de l’air 16 N, 17 N.. – de l’eau primaire 17 Na, 38 Cl, 3H…- d’éléments des structures métalliques : 95 Zr, 56 Mn, 51 Cr, 55 Fe…- du combustible137 Cs, 131 I, 3 H, 133Xe, – transuraniens : U235, U234, 238Pu, 239Pu, 241 Am…Voir également les autorisation ministérielles de rejets pour chaque sites parus au J.O. en fonction des dates de mise en service établis sur la base de nombreux décrets dont le n° 95540 du 4 mai 1995.

(13) Pierre Galle ” Toxiques nucléaires ”

(14) Rapport parlementaire de Jean-Michel Charpin, Benjamin Dessus et René Pellat

(15) d’après AFP 29 06 2000.

(15 b) Convention OSPAR pour la Protection du Milieu Marin de l’Atlantique du Nord-est. Réunion Ministérielle de la Commission OSPAR. Brême: 25 juin 2003

(16) Bulletin ASPEA n° 17-18 1999.

(17) Revue de l’Autorité de sûreté nucléaire revue : ” Contrôle “.

(18) Drire Bordeaux.

(19) Rapport annuel de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

(20) ” La lettre d’information ” n°11, sur http://www.sortirdunucleaire.org : texte de Michel BRUN.

(21) Science & Vie n° 878

(22) Rapports de l’Autorité de Sûreté Nucléaire

(23) Tchernobyl et l’avenir du nucléaire à l’est – Annales des Mines mars 1997

(24) Science & Vie n° 878

(25) Les accidents d’irradiation dans le monde- La Revue du praticien (Paris) 1995.45

(26) La recherche Septembre 1997

(27) New Scientist, 30 mai 1998. “Too hot to handle”

(28) d’après Le Monde du 4 mai 2000 signé Hervé Morin
(29) Stop Golfech n° 27

(30) La Recherche n° 308: “Quand un cancer est-il d’origine radioactive ?”

(31) AFMT BP1 82700 Bourret Tél/fax 05 63 27 50 80

(32) AVEN 187, montée de choulans 69005 Lyon

(33) données DRIRE Bordeaux

(34) Challenges mars 2005 – n° 243 – Paul Loubière –

(35) http://www.obsarm.org/

(36) AEN bulletin n° 2 1997.

(37) d’après Energie et Sécurité n° 15.

(38) Livre blanc www.dti.gov.uk/energy/whitepaper