Incidents de l’année 2020 à Golfech – Analyse

Incidents de l’année 2020 à Golfech – Analyse

Une analyse Marc Saint Aroman. À retrouver dans le n° 85 de Stop Golfech

Problème du 5 juin 2020 sur le réacteur n°1

D’après EDF : ce problème est survenu suite à une opération de maintenance : il s’agit d’une fuite de liquide primaire dans la bâtiment des auxiliaires nucléaires. La déclaration sera faite 5 jours plus tard et classée au niveau 1 suite « au non-respect des spécifications techniques d’exploitation et à la détection tardive de l’événement ».
Le circuit fuyard est utilisé pour le suivi des paramètres radiochimiques de l’eau du circuit primaire. « Les équipes de la centrale détectent l’inétanchéité d’un robinet situé sur le circuit de prélèvement d’eau servant au suivi des paramètres radiochimiques, comme étant à l’origine de la fuite vapeur. Elles procèdent immédiatement (Sic) à un surresserrage du robinet éliminant l’inétanchéité ». L’ASN précise que la fuite aura duré six heures environ.

Selon elle, les calculs réalisés a posteriori par l’exploitant montrent que le débit de cette fuite a été supérieur au seuil de 230 litres par heure défini dans les spécifications techniques d’exploitation. En conséquence, le volume de liquide fuyard peut être évalué à 6 fois 230 litres soit un minimum de 1 tonne 380 kg.
L’ASN précise encore : « La fuite a été collectée dans le puisard 1 RPE 004 CU. Un dégagement de vapeur dans ce puisard est à l’origine d’une faible contamination volumique, restée inférieure à 200 Bq/m3 ». Avec un coeur dit « propre », puisque c’est EDF qui le dit, on
peut voir sur la courbe qui suit que, pour les seuls gaz rares, nous serions déjà à environ 200 000 000 Bq x 1,38 T soit : un million 400 000 fois plus que la valeur de 200 Bq/tonne donnée par EDF.
Dans les échanges avec Bordeaux, devant notre insistance, le nouveau responsable précise : « Dans le cadre du précédent cycle de production du réacteur 1 de Golfech, les valeurs d’activité de l’eau du circuit primaire placent le réacteur dans l’état « sans défaut », et
non pas « en présomption de défaut ». Les assemblages de combustible du coeur sont alors réputés sains. »
Comme cette valeur de contamination nous paraît peu crédible nous avons réalisé 4 échanges avec l’ASN de Bordeaux qui a fini par nous conseiller de demander les données à EDF. La demande à l’électricien a donc été réalisée le 15 septembre 2020… A suivre.

Problème du 31 août 2020 sur l’alternateur du réacteur n°2

Lundi 31 août, vers 15h30, l’unité de production n°2 de la centrale nucléaire EDF de Golfech a été déconnectée du réseau électrique national suite à problème au niveau de l’alternateur, situé dans la partie non nucléaire des installations.
Lors de leurs investigations, les équipes de la centrale ont constaté une anomalie sur du matériel de régulation électrique nécessitant son remplacement qui pourrait durer plusieurs jours.
On peut imaginer l’ampleur de ce dépannage qui aura nécessité plus de 11 jours de travaux. Le samedi 12 septembre 2020 à 12h25, l’unité de production n°2 de la centrale nucléaire EDF de Golfech a été reconnectée au réseau électrique national.
Note sur la communication mensongère d’EDF : de manière récurrente, sans doute pour rassurer la population, EDF précise que les incidents interviennent sur « la partie non nucléaire » de l’installation. Pourtant, dans une centrale nucléaire, tous les composants,
même situés en dehors de la partie nucléaire ont une fonction qui peut avoir un terrible pouvoir de nuisance sur le réacteur.
Dans le cas de l’alternateur : il est entraîné par les étages de la turbine qui sont susceptibles d’agir sur le circuit de vapeur, lui-même en prise directe sur le circuit primaire et donc le « coeur » et sa matière fissile via les générateurs de vapeur…