Golfech 2020 : un bilan en noir et noir

REVUE DE PRESSE

Golfech 2020 : un bilan en noir et noir

À retrouver dans le n° 85 de Stop Golfech

♦ Traçabilité défaillante, propreté douteuse, rejets intempestifs: un rapport accable la centrale nucléaire de Golfech

Reportage Sud Radio de Christine Bouillot et AFP Pascal
Pavani

https://www.sudradio.fr/societe/tracabilite-defaillante-propretedouteuse-rejets-intempestifs-un-rapport-accable-la-centralenucleaire-de-golfech/

C’est un rapport au vitriol que vient de rendre l’ASN, l’agence de sécurité nucléaire, à propos de la centrale de Golfech en Tarn-et-Garonne. Le gendarme du nucléaire se dit inquiet du fonctionnement de la centrale ouverte il y a 30 ans au bord de la Garonne, et qui alimente en l’électricité la moitié de la Région Occitanie. Un bilan accablant qui pose la question de l’entretien de cette centrale.
Traçabilité très défaillante des informations, propreté douteuse des locaux potentiellement contaminés, rejets intempestifs dans la nature de substances. On peut dire que le rapport du gendarme du nucléaire étrille le fonctionnement de cette centrale, ce qui malheureusement ne surprend pas le président de la commission locale d’information (CLI) de Golfech, Mathieu Albugues (depuis, démissionné ? ndlr).

“Nous ne sommes pas vraiment surpris puisque, depuis déjà 2018, la CLI, pointe du doigt une perte de performance sur Golfech. Il faudra qu’on ait des échanges très rapidement avec le nouveau directeur, pour lui demander de redresser la barre sans délai”.

Sous-traitants (sur-)exposés selon les associations. Le rapport dénonce un manque de rigueur en matière de
maintenance, souvent pour des raisons financières, selon l’association “Les amis de la Terre”:

“Pour aller aux radiations, ce sont des gens qui sont sous-traitants, parce-que si c’était des personnels titulaires, il faudrait les mettre à l’abri des radiations au bout de deux/trois ans. Donc on prend du personnel taillable et corvéable à merci, qui est sous-traitant.”.

Pour le coordinateur régional du collectif “Stop Golfech”, après 30 années de fonctionnement, la centrale
est véritablement à bout de souffle. “Eux même craignent que cette dégradation nous entraîne vers un accident majeur,
dénonce t-il. Et ça c’est très très très inquiétant”. L’ASN a placé la centrale sous surveillance rapprochée, le directeur va être remplacé.


♦ Sûreté nucléaire : l’ASN alerte sur la “très mauvaise” situation” à Golfech

L’Express

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/surete-nucleaire-l-asnalerte-sur-la-tres-mauvaise-situation-a-golfech_2128307.html

Bertrand Frémaux, de la division de Bordeaux de l’ASN, a pointé une détérioration de la surveillance en salle de commande, et des défauts dans le respect des règles dans le pilotage des réacteurs. L’Autorité de sûreté nucléaire pointe un “manque de rigueur systémique” en matière de maintenance à la centrale nucléaire de Golfech, en Tarn-et-Garonne.
La qualité des opérations d’exploitation à la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) s’est encore “détériorée” en 2019, a annoncé ce lundi l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qualifiant de “très mauvaise” son appréciation sur le fonctionnement général du site.
“L’ASN est très vigilante sur ce qui se passe actuellement à Golfech. Elle considère que les performances de sûreté nucléaire doivent faire l’objet d’une priorité absolue pour l’exploitant, et à ce titre-là, elle assure un suivi rapproché du site en 2020”, a indiqué lors d’une  vidéoconférence de presse Bertrand Frémaux, de la division de Bordeaux de l’ASN.

“Manque de rigueur systémique”

Il a pointé une détérioration de la surveillance en salle de commande, et des défauts dans le respect des règles dans le pilotage des réacteurs. L’ASN a également fait état d’un “manque de rigueur systémique” en matière de maintenance, notamment dans la traçabilité “très  défaillante” des informations.
“L’année 2019 a aussi été marquée par la déclaration de nombreux événements significatifs pour la sûreté. Huit événements sont survenus pendant l’arrêt programmé du réacteur 2, dont un classé au niveau 2″ (sur 7 de l’échelle internationale de gravité des désastres atomiques, Ines), a souligné l’ASN. Il s’agissait d’un incident survenu en octobre 2019 lors d'”opérations de vidange” d’un réacteur.

Plan de redressement du site

En matière de radioprotection, “nous avons constaté des situations inacceptables, notamment dans la maîtrise de la propreté radiologique des locaux potentiellement contaminés”, a ajouté Bertrand Frémaux. Au chapitre de la protection de  l’environnement, des efforts sont encore à faire, l’ASN ayant constaté “des rejets intempestifs de substances non-radioactives”, dont
une qui s’est déversée dans la Garonne. A la suite de ces nombreux dysfonctionnements, des représentants de la direction d’EDF et du site de Golfech ont été auditionnés au siège de l’ASN à Montrouge en janvier, pour qu’ils présentent leur “plan de redressement” du site, a précisé l’ASN. Le dernier incident en date, classé de niveau 1, sur la centrale, remonte au 5 juin. Il a affecté un circuit de contrôle du circuit primaire du réacteur 1, du fait d’un défaut de maintenance.
Située sur les bords de Garonne entre Agen et Toulouse, la centrale est composée de deux réacteurs de 1 300 mégawatts permettant de couvrir en moyenne 50% de la consommation électrique de la région Occitanie. Elle avait déjà fait l’objet d’un bilan 2018 critique, l’ASN ayant alors pointé une qualité de l’exploitation “dégradée”.


♦ Golfech. Incident à la centrale nucléaire : de la vapeur d’eau radioactive s’échappe d’un robinet

Actu Toulouse

https://actu.fr/occitanie/golfech_82072/golfech-incident-centrale-nucleaire-vapeur-eau-radioactive-echappe-robinet_34205178.html

Un incident de niveau 1 a été signalé mercredi 10 juin 2020 par la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne), où de la vapeur d’eau radioactive s’est échappée vendredi d’un robinet.

La centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) a signalé mercredi 10 juin 2020 à l‘Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un « événement significatif de niveau 1 ». Ce problème, survenu cinq jours plus tôt, est « lié au non-respect des spécifications techniques d’exploitation et à la détection tardive de l’événement », explique la direction de la centrale. En cause ? De la vapeur d’eau radioactive s’est échappée d’un robinet.

« Dégagement de vapeur » après une opération de maintenance

L’incident remonte donc au vendredi 5 juin 2020. « Après une intervention de maintenance, les équipes de la centrale nucléaire EDF de Golfech ont remis en fonctionnement une partie du circuit de prélèvement d’eau situé sur le circuit primaire de l’unité de production n°1, dans la partie nucléaire de l’installation », explique la centrale. Un circuit « utilisé pour le suivi des paramètres radiochimiques de l’eau du circuit primaire ».  relié au circuit primaire qui sert à refroidir le réacteur. Elle ajoute :

Quelques heures plus tard, un dégagement de vapeur est constaté dans un local du bâtiment des auxiliaires nucléaires de l’unité de production n°1.

Problème d’étanchéité sur un robinet

À l’origine de cette fuite de vapeur ? Les équipes de la centrale ont détecté « l’inétanchéité d’un robinet situé sur le circuit de prélèvement d’eau servant au suivi des paramètres radiochimiques », détaille la centrale, exploitée par EDF. Ces mêmes équipes ont « immédiatement procédé à un sur-resserrage du robinet éliminant l’inétanchéité ».

Des agents en contact avec la vapeur, mais « pas contaminés »

Si la centrale précise que « cet événement n’a pas eu de conséquence sur la sûreté des installations, sur la sécurité des intervenants, ni sur l’environnement », nos confrères de la radio Totem précisent que « des agents ont été en contact avec cette vapeur légèrement radioactive ».

Interrogé, le centre nucléaire assure à Actu Toulouse que « la personne qui a ouvert le local où a eu lieu le dégagement de vapeur, ainsi que les personnes qui se trouvaient à proximité du local, ont toutes été contrôlées », mais selon lui, « aucune d’elles n’a présenté de trace de contamination interne ».

La centrale nucléaire de Golfech avait été mise en garde en 2019 par l’ASN après une série d’incidents.


♦ Golfech : une centrale nucléaire à l’arrêt et beaucoup de questions qui se posent

France Bleu

https://www.francebleu.fr/infos/sante-sciences/golfech-une-centrale-nucleaire-a-l-arret-et-beaucoup-de-questions-qui-se-posent-1599384872

La centrale nucléaire de Golfech ne produit maintenant plus d’énergie depuis une semaine, la faute à un incident sur le dernier réacteur encore en marche. Un problème de plus à la centrale et des interrogations pour les associations.

Depuis une semaine, la centrale nucléaire de Golfech dans le Tarn-et-Garonne ne produit plus d’électricité. Elle est donc déconnectée temporairement du réseau EDF, la faute à un problème d’alternateur sur le deuxième réacteur de la centrale, un incident survenu le 31 août. Le premier réacteur étant en maintenance programmée depuis le mois d’août, la production est donc pour l’instant à l’arrêt, et cela pour une durée encore indéterminée.

De nombreux incidents

Ce n’est pas la première fois cette année que la centrale nucléaire est obligée d’observer un arrêt forcé. Il avait déjà fallu arrêter les réacteurs quelques jours au mois d’août. L’eau du canal de Golfech qui longe le complexe nucléaire avait dépassé les 28 degrés à cause des fortes températures, et la centrale a interdiction d’en prélever dans ce cas-là. Pas d’eau pour refroidir les réacteurs, donc obligation d’arrêter temporairement la production d’énergie.

La centrale de Golfech n’était donc pas directement responsable de cet arrêt forcé. En revanche, d’autres incidents ont déjà émaillé l’année 2020 et sont directement liés à la gestion du complexe. En juin dernier, un défaut de maintenance avait entraîné l’arrêt forcé du premier réacteur. L’accident était considéré comme “léger“, mais les incidents de ce type se multiplient tout de même depuis des années.

Le dernier rapport de l’ASN, l’Autorité de Sûreté Nucléaire sur la centrale se veut d’ailleurs très critique sur la centrale. 33 incidents déclarés en 2019, “beaucoup trop” de l’aveu-même de l’ancien directeur et une qualité d’exploitation “encore dégradée“… L’ASN se déclarait ainsi “très vigilante” sur ce qu’il se passait à Golfech et avait qualifié de “très mauvaise” son appréciation sur le site. De gros problèmes de maintenance ou encore de radioprotection sont régulièrement cités.

Depuis, l’ASN a demandé un “plan de redressement” de la centrale. L’ancien directeur de la directeur Nicolas Brouzeng a aussi laissé la place à Cyril Hisbacq pour impulser un changement, mais les associations de défense de l’environnement restent elles toujours aussi inquiètes. Pour Monique Guittenit qui fait partie de l’association Stop Golfech – Réseau Sortir du Nucléaire, “on se rend bien compte que malgré le changement de direction, les incidents continuent“.

Selon Monique Guittenit, “tous ces problèmes font aussi vieillir les réacteurs prématurément. Donc forcément, c’est toujours très inquiétant. Et en plus, le personnel de Golfech a changé à moitié“. En rajoutant le fait qu’une bonne partie du personnel en place est en formation. Les associations s’inquiètent aussi du recours accru de la centrale aux sous-traitants pour des tâches importantes.

Une énième source d’inquiétude pour toutes ces associations, même si du côté de la centrale, on assure également que les incidents constatés restent minimes. Comme elle l’avait déjà énoncé dans son dernier rapport, l’ASN assure maintenant faire un “suivi très rapproché” du site de Golfech.