Pollution radioactive des productions agricoles par les centrales nucléaires – l’exemple de Saint Alban / CRIIRAD

Saint-Alban.pdf

Les centrales de production électronucléaires sont autorisées à effectuer des rejets de substances radioactives dans l’atmosphère et dans les cours d’eau.

L’étude de la CRIIRAD synthétise les résultats de ses analyses portant sur l’environnement terrestre du CNPE (Centre Nucléaire de Production d’Electricité) de Saint-Alban.

Les enseignements pour Golfech

Une étude faite en 2020 par la CRIIRAD sur l’impact des rejets radioactifs dans la Garonne et la Radioactivité des Végétaux aquatiques pour le compte d’associations locales (coordination Stop Golfech dont FNE 82, ATMP, VSDNG, Réseau Citoyen de Surveillance de la Radioactivité de Golfech, Sepanlog, Horizon Vert) a révélé qu’il y a beaucoup plus de tritium radioactif en aval de Golfech (14,3 Becquerel par litre de combustion) qu’en aval du CNPE de Cruas (4,5 Bq/l) dans la vallée du Rhône (entre Valence et Montélimar).
Le Rhône est un fleuve beaucoup plus puissant qui peut diluer beaucoup plus que la Garonne.

https://www.rcsrgb.fr/cnpe-de-golfech-impact-des-rejets-radioactifs-dans-la-garonne-radioactivite-des-vegetaux-aquatiques/

Une étude similaire à celle de Saint-Alban montrerait très probablement une incidence des rejets radioactifs du CNPE de Golfech plus importante que celle détectée en aval de Saint-Alban.

Basé sur des travaux datant de 1995 et 2003 l’étude de la CRIIRAD sur les rejets de Saint-Alban reste évidemment pertinente si ce n’est que les taux ont très probablement augmenté depuis, le Tritium et le Carbone 14 radioactifs ayant respectivement une demie vie de 12,3 et 5730 ans (leur radioactivité diminuant de moitié pendant ces périodes).

Pour faire court voici ci-dessous quelques graphiques et la conclusion de Bruno Chareyron (ingénieur

Une importante nébuleuse anti éoliennes en phase avec l’état nucléariste

Derrière les contestations locales contre les implantations d’éoliennes, s’active un important réseau soutenu par les plus hautes sphères de l’état. Et qui ne cache plus son but : imposer une relance la plus massive possible du nucléaire.

Barbara Pompili, ex-ministre de la Transition Écologique, reconnaît que le front des anti renouvelables pèse lourd : « Les lobbyistes du nucléaire sont très présents auprès des parlementaires. Bien sûr, il y a aussi du lobbying pro renouvelables, mais, en termes d’influence sur le sommet de l’État, ça n’a rien à voir, ils ne jouent pas dans la même catégorie. »

Une armée d’anti-éoliens pour relancer le nucléaire

Parmi ces lobbyistes pronucléaires figure la Fédération Environnement Durable (FED) la principale organisation anti éoliennes présidé par Jean-Louis Butré. On y trouve aussi l’association de défense du patrimoine nucléaire et du climat (PNC) et son fondateur Bernard Accoyer (Les Républicains, LR), ancien président de l’Assemblée nationale, soutenu au sein de cette association par Gérard Longuet (ancien ministre et sénateur (LR) de la Meuse, Louis Gallois (ancien président de la SNCF), les anciens ministres Jean-Pierre Chevènement et Arnaud Montebourg…

On y trouve aussi, entre autres autres pourfendeurs de l’éolien et défenseurs acharnés de l’atome, le Cercle de l’Union interalliée présidé par Denis de Kergorlay et le Cercle d’Étude Réalités Écologiques et Mix Énergétique (Cérémé) de Xavier Moreno fondateur de l’entreprise internationale d’investissement Astorg Partners qui a fait sa fortune.

Non des moindres, Fabien Bouglé, conseiller

Jancovici : le cancer et la ruine

Texte de Christophe Legalle travaillé avec Catherine, André, Pierre, Monique

L’indication page entre crochets [page 139] indique le numéro de page de la BD ‘Le monde sans fin’ où retrouver les citations ou le sujet évoqué

JMJ = Jean-Marc Jancovici

Cet article entend être une analyse critique (non exhaustive) de la bande dessinée « Le Monde sans fin », cosigné Jean-Marc Jancovici et Christophe Blain, et une critique aussi du ‘système Jancovici’ qui consiste, en s’appuyant sur l’inquiétude liée à la crise climatique à diffuser des informations souvent tronquées, approximatives, voire mensongères, pour décrier les énergies renouvelables et faire l’apologie du nucléaire.
Cet article s’intéressera d’abord à la vision erronée diffusée sur le nucléaire mais abordera aussi les autres aspects ‘du système Jancovici’ concernant les énergies renouvelables, l’énergie en général, la manipulation des chiffres, etc.

La vision sur l’énergie nucléaire des deux auteurs est franchement biaisée. Aucune mention des débats sur le nombre de morts à Tchernobyl n’est faite. Rien n’est dit sur les centaines de milliers de personnes déplacées, les coûts et autres conséquences des accidents nucléaires ou des rejets dans l’atmosphère, les cours d’eau et les mers, passés et futurs…

Présentation de JMJ :
JMJ est surtout connu pour ses nombreuses interventions dans les médias, moins pour les conférences ou encore un cours qu’il donne depuis quelques années à l’École des Mines de Paris sur le thème de l’Énergie et du Climat.

JMJ est diplômé de l’École Polytechnique

Avec quoi refroidir les réacteurs nucléaires à l’avenir ?

Dans le monde, le climat montre une tendance nette au réchauffement depuis 1850, avec une forte accélération depuis le milieu des années 1970.

Une étude (Ribes et al – 2016) montre effectivement une élévation de la température en France de 1,5 ± 0.5°C sur la période 1959–2009.

Cette augmentation s’est accompagnée d’une élévation de la température des eaux, mise en évidence dans plusieurs cas comme par exemple sur la Loire qui s’est réchauffée en moyenne de 1,2°C en 32 ans.

Au niveau mondial, depuis les années 1900, le niveau moyen de la mer s’est élevé de près de 20 cm. Cette élévation est liée à une augmentation des températures océaniques (plus une eau est chaude, plus elle se dilate et occupe de volume) et à la fonte des glaces et neiges.

De 1993 à 2019, le niveau moyen des océans a augmenté de 3.36 mm par an.

Comme on le voit dans le tableau ci-dessous, le refroidissement des centrales de production d’électricité constitue la plus grande partie des prélèvements d’eau, en particulier des eaux de surface. (source : http://www.donnees.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lesessentiels/essentiels/eau-prelevements.htm)

En accentuant le risque de sécheresses le changement climatique peut mener à une diminution temporaire mais drastique du niveau des eaux des lacs, étangs et mares ayant un impact sur les espèces. De plus, en cas de pénurie d’eau, le changement climatique provoque, par effet de moindre dilution, la concentration des pollutions modifiant l’équilibre biologique et chimique de l’eau pouvant aboutir à une mortalité importante sur différentes espèces (poissons,

Lettre ouverte à Greta Thunberg à propos du nucléaire, par Xavière Gauthier

par Xavière Gauthier militante antinucléaire et féministe dont les éditions Cambourakis ont réédité le livre “La Hague, ma terre violentée” (1981) dans une version augmentée intitulée “Retour à la Hague : Féminisme et nucléaire” Collection Sorcières, Éditions Cambourakis, Paris, 2022).
La postface rédigée en janvier 2022 tisse des liens entre luttes féministes et antinucléaire et mouvement climat. Ce qui y est présenté pour le site atomique de La Hague (Cotentin) est aussi valable pour tous les autres sites nucléaires comme celui de Golfech.
Avertissement : les médias dominants français et allemands – relayés en France par l’extrême-droite et la droite pro-nucléaire – ont diffusé le 12 octobre 2022 une information mensongère visant à faire dire à la jeune activiste suédoise Greta Thunberg qu’elle était favorable au nucléaire. Ce qui est (en grande partie) faux (voir l’article de radio France : https://www.radiofrance.fr/franceinter/greta-thunberg-est-elle-vraiment-devenue-pro-nucleaire-comme-le-disent-certains-de-ses-adversaires-1001263 ).

 

” Chère Greta Thunberg,

Dès que je t’ai entendue lancer ton premier appel, la véhémence de ta voix, la justesse de ton propos, l’intensité de ton apostrophe m’ont convaincue que tu étais une sorcière. Moi qui suis une vieille sorcière du siècle dernier, je te vois comme une jeune sorcière, rebelle et savante. Tu as fait lever en moi un fol espoir, comme si tu me donnais la main à travers les générations.

Tu me permets une petite remarque ? Tu dis : « Vous m’avez volé mes rêves. » Or, moi, je ne t’ai rien volé du tout. Lorsque j’avais ton âge, …

POUR UN VRAI DÉBAT PUBLIC SUR LE NUCLÉAIRE

Lettre ouverte aux parlementaires français

http://collectif-adn.fr/2022/debat-public.html

le 2 octobre 2022

Nota : cette lettre ouverte n’est pas celle du collectif ADN
mais de personnes de différentes sensibilités.

Madame, Monsieur,

Le gouvernement prévoit, dans le projet de loi de finance 2023, des hausses conséquentes de dépenses publiques dédiées à la recherche, à la conception et à la construction de nouveaux équipements nucléaires militaires et civils. Le gouvernement prépare aussi un projet de loi visant à accélérer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires. Et tout ceci sans aucun diagnostic sérieux et partagé de la situation actuelle, sans débat public digne de ce nom et sans que les citoyennes et citoyens puissent se prononcer sur ces choix qui engagent leur avenir et celui de nombreuses générations.

Ce n’est pas acceptable !

Considérant qu’une relance du nucléaire par la France serait une décision extrêmement lourde engageant de nombreuses générations, considérant que les citoyennes et citoyens doivent être pleinement informé(e)s de tous les enjeux de telles décisions et considérant qu’ils doivent pouvoir y participer, je vous demande de saisir la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) pour qu’elle organise un vrai débat public sur le nucléaire et toutes ses dimensions, sans se limiter aux « Nouveaux réacteurs nucléaires et projet Penly ».

Je vous demande également de saisir la CNDP pour qu’elle suspende le débat tronqué, qu’elle a décidé d’organiser du jeudi 27 octobre 2022 au lundi 27 février 2023, tant qu’un vrai débat public sur toutes les dimensions du nucléaire ne se sera

Pour 0°3 en plus de la Garonne, pourquoi cette tempête dans de l’eau chaude

de Monique Guittenit – Stop Golfech

 

L’été 2022 nous met en face d’une réalité : « Les dommages économiques causés par les vagues de chaleur et la sécheresse pourraient surpasser l’impact de la crise énergétique traversée par l’Europe » , a mis en garde le directeur de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui appelle « à une action urgente pour lutter contre le changement climatique ». (1) Face à ces 2 crises majeures, la crise énergétique traversée par l’Europe et la crise climatique mise en évidence cet été, que donne l’énergie nucléaire présentée comme un bouclier en France et une énergie verte en Europe ?

Tempête, car les centrales nucléaires ont besoin d’eau pour leur refroidissement , même à l’arrêt, souffrent du dérèglement climatique entraînant des sécheresses accrues et contribuent à l’assèchement des fleuves : « Il est plus que temps de se poser la question de la gestion et du partage de l’eau » . A l’heure où les restrictions d’utilisation de l’eau sont posées notamment l’irrigation à partir de la Garonne, Golfech continue à prélever 12 % de l’eau de Garonne pour refroidir ses réacteurs ; de plus 1/5 de ces prélèvements sont perdus en évaporation. 220 millions de m3 sont turbinés par le CNPE de Golfech tous les ans, soit environ l’usage de l’eau pour l’agriculture de la Garonne et de tous ses affluents durant un an…. (voir graphiques SMEAG page suivante)
Tempête, car pollution accrue de l’eau : dans cette période de basses eaux …

Les nucléaristes sont de dangereux illusionnistes … qui finiront bien par s’éteindre !

Le 31 juillet 1977, Vital Michalon était tué par l’Etat nucléariste français qui avait envoyé la troupe pour réprimer la plus grande manifestation antinucléaire jamais organisée en France, contre la construction du réacteur Superphénix à Creys-Malville (Isère)1. Ce projet ne sortait pas de nulle part : c’était un nouvel exemple de délire technologique accompagnant la folie nucléariste des dirigeants des plus grandes puissances mondiales.

Ceux-ci ont d’abord essayé de nous faire croire qu’une énergie et des technologies conçues pour détruire massivement des populations civiles pouvaient être transformées en facteur de paix (discours du Président étatsunien Eisenhower le 8 décembre 1953 devant l’assemblée générale des Nations Unies). Et de trop nombreuses personnes y ont cru, convaincues que d’un mal on pouvait tirer un bien. On constate aujourd’hui que des installations nucléaires « civiles » deviennent une prise de guerre transformée en base militaire permettant à une armée puissante (celle de Russie) d’empêcher le pays agressé (l’Ukraine) de se défendre2, toute riposte risquant de contaminer l’Europe entière et sans-doute au-delà. Le nucléaire c’est la guerre sans fin !

Ensuite, ils ont prétendu que le nucléaire allait résoudre tous nos problèmes d’approvisionnement en énergie. Or, après 70 ans de développements industriels soutenus par les plus grandes puissances mondiales, on constate que cette énergie ne fournit que 2% de toutes les consommations finales au niveau mondial. Pour l’Union Européenne c’est de l’ordre de 6% et pour la France 16%, le reste étant apporté par les renouvelables à hauteur de 19% …

Dérogation de rejets de chaleur… dans le peu d’eau qu’il reste de la Garonne.

La canicule n’est pas une boisson aphrodisiaque et le tritium n’est pas le petit de la grenouille.

Photographies de la Garonne prises par le RCSRGB le 26 juillet 2022 à Lamagistère et Donzac près de la Centrale nucléaire de Golfech, la Garonne à Agen et la plage d’été sur la Garonne.

Ces dérogations montrent à quel point la sécurité, la protection de l’environnement et des usagers, sont soumises aux aléas économiques ou politiques, car si les journées sont chaudes les matinées commencent entre 15° et 20 ° pour les plus chaudes, on ne peut donc pas parler de canicule.

Jusqu’au 7 août 4 sites nucléaires dont Golfech sont autorisés à dépasser les niveaux réglementaires de la température d’eau rejetée dans les fleuves et rivières dans lesquels ils s’alimentent.
Le dispositif de dérogation n’avait jusqu’alors été utilisé qu’une fois, en 2018 pour la centrale de Golfech, pour une durée de 36 heures.

Ici il y avait un fleuve.

Les agenais, malgré une journée plus clémente que les précédentes, ne semblent pas se précipiter sur la plage de ‘La Garonne en Fête’ offerte à ses administrés par la municipalité d’Agen (à défaut d’autre lieu de baignade) et ouverte cette année du 7 juillet au 31 août 2022. Ils ne sont pas nombreux à profiter d’une superbe irradiation externe car en plus du Tritium ils ont la possibilité aussi de profiter du Carbone14 radioactif, deuxième plus importante source de pollution radioactive après le Tritium (pollutions émises par la centrale de Golfech).

S’ils n’en

Impact radiologique de la centrale nucléaire de Golfech. CRIIRAD 22 et 23 novembre 2021

Agen le 22 et 23 novembre 2021
Intervenant :
Bruno CHAREYRON
ingénieur en physique nucléaire
directeur du laboratoire de la CRIIRAD

À la demande des associations locales (StopGolfech, RCSRGB) la CRIIRAD*, représentée par Bruno Chareyron, est venue à Agen, salle Picasso, à l’occasion de 2 réunions, l’une publique, l’autre destinée aux élus, pour commenter des analyses que ces associations lui ont demandé de réaliser.
Cet article reprend les points abordés par Bruno Chareyron et est agrémenté d’illustrations** réalisées par la CRIIRAD.

*La CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) est à la fois un laboratoire d’analyse de la radioactivité agréé par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et une association d’information sur la radioactivité.
** Support de l’intervention, PDF, Impact Golfech CRIIRAD 2021-11

La CRIIRAD a été créée en mai 1986 par Michèle Rivasi à la suite de l’accident de Tchernobyl. La CRIIRAD a été le premier laboratoire à réaliser des mesures radiologiques démontrant un mensonge de l’état et du lobby nucléaire quand les autorités françaises avaient menti en prétendant que la radioactivité émise par l’accident de Tchernobyl n’avait pas traversé la frontière… Contrairement à l’Allemagne et l’Italie, par exemple, la France n’avait pas pris de mesure de protection sanitaire, comme de ne pas consommer de lait frais qui se charge en iode radioactif  ou de légume à large feuilles comme les salades ou les épinards…
Aujourd’hui la CRIIRAD effectue des analyses et des missions en France et à l’étranger.

La CRIIRAD revendique …

DU TRITIUM RADIOACTIF TROUVÉ DANS LES URINES D’UN CONSOMMATEUR D’EAU DE L’AGGLOMÉRATION D’AGEN

Nous avons demandé au laboratoire de la CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) de procéder aux analyses des urines et de l’eau consommée de 2 habitants de l’agglomération d’Agen, l’une buvant l’eau du robinet (William)1, l’autre ne la buvant pas (Juliette)2.

Concernant les urines de William, qui boit l’eau du robinet de l’agglomération d’Agen, le tritium est détecté systématiquement dans les urines (2,6 ± 1,0 Bq/l à 4,5 ± 1,2 Bq/l). Ce n’est pas étonnant puisqu’il est présent régulièrement dans les eaux du robinet que boit William et que son élimination par le corps humain résulte de mécanismes complexes avec des périodes biologiques qui vont d’une dizaine de jours à 1 an.

Pour les eaux du robinet échantillonnées pendant la période du 18 octobre au 5 novembre 2021 (5 jours sur 7), les activités en tritium sont inférieures aux limites de détection (< 1,9 Bq/l) ou très proches de ces limites (1,9 ± 1,0 Bq/l). Il faudrait regarder a posteriori, lorsque nous aurons accès aux données de rejets liquides de Golfech en Garonne, s’il y a eu ou non des rejets pendant cette période et à quel niveau…

Concernant les analyses d’urine de Juliette et de l’eau qu’elle a consommé les résultats font état d’une activité en tritium < 1,9 Bq/l et pour les urines < 2,2 Bq/l inférieurs aux limites de détection.

L’interprétation de ces résultats est certes compliquée par le fait qu’un habitant de ce secteur est à la …

Fukushima : une catastrophe normalisée. Circulez, les experts sont là !

Une apocalypse ordinaire

Contrairement aux accidents nucléaires qui l’ont précédés, comme celui de Tchernobyl, Fukushima a suscité une remise en cause très courte et limitée de l’énergie nucléaire. En dépit des conséquences observées à Fukushima, l’exploitation de réacteurs nucléaires s’est poursuivie.

Dans le cadre de sa thèse sur la sociologie des accidents nucléaires, Valérie Arnhold, doctorante au Centre de sociologie des organisations à Sciences-Po et chercheuse sur projet dans le programme “Nuclear Knowledges”, au Centre de recherches internationales (CERI), a mené une enquête ethnographique au sein des organisations européennes et internationales de sûreté nucléaire (https://journals.openedition.org/sdt/14611#ftn17).

Valérie Arnhold s’est appliquée à démontrer comment en intégrant la catastrophe de Fukushima dans un cadre de pensée pour essayer d’en comprendre les leçons, les organisations de sécurité nucléaire l’ont inclus dans des procédures de routines. Selon elle, la catastrophe de Fukushima “n’a pas questionné fondamentalement les pratiques de sûreté”, contrairement aux précédentes catastrophes nucléaires, et a ainsi suscité “une remise en cause très courte et limitée de l’énergie nucléaire”.

Les organisations internationales et les agences nationales en faisant rentrer la catastrophe nucléaire dans les cadres et procédures préexistants de la sécurité nucléaire la transforment en un événement ordinaire pour les professionnels du nucléaire.
D’événements incontrôlables, les catastrophes sont devenues une menace réelle mais gérable par l’ensemble des experts des organisations de sécurité.

Ainsi les experts de la sécurité  se sont appropriés le travail sur cet accident, évinçant les décideurs politiques et les acteurs critiques (comme les associations antinucléaires).

On n’arrête rien,

DE LA RÉSILIENCE À LA RÉSISTANCE

Image par Kim Thomas de Pixabay

DE LA RÉSISTANCE À LA RÉSILIENCE

À Fukushima, les autorités et les experts ont invité les habitants à s’accommoder au plus vite de la situation gravissime engendrée par la catastrophe nucléaire de Fukushima.
Dans son livre « Contre la résilience – À Fukushima et ailleurs » Thierry Ribault explique comment le concept de résilience sert à étouffer toute réflexion sur les causes réelles des catastrophes.

La résilience est un concept omniprésent dans notre société. Si au Japon elle semble aider les victimes à se projeter au-delà des traumatismes individuels, elle invite surtout à s’accommoder de cette catastrophe et donc à s’habituer à l’industrie nucléaire à l’origine de cette catastrophe.

La résilience apparaît comme une formule magique car elle prétend clore cette impossibilité, et en faire une source d’inspiration et de rebond vers un soi-disant « monde d’après ». C’est un principe de base de la résilience que l’on pourrait définir comme « l’art de s’adapter au pire ».

Dans la pratique, on individualise le problème et on amène les gens à faire fi de leur impuissance face aux dégâts pour, au contraire, leur donner l’impression d’être puissants et agissants. Les gens apprennent ainsi à dépasser le trop peu qu’est devenu leur vie en participant à la cogestion du désastre, comme par exemple en participant à la décontamination ou en surveillant la radioactivité ambiante. Les autorités parviennent ainsi à limiter les résistances à l’atome, à « faire ravaler leur colère aux gens ».

Ainsi Pour les habitants autour de Fukushima, « 

Les conséquences médicales et écologiques de l’accident nucléaire de Fukushima

Pierre Fetet – http://www.fukushima-blog.com/2021/02/les-consequences-medicales-et-ecologiques-de-l-accident-nucleaire-de-fukushima.html

Il y a 8 ans, pour le deuxième anniversaire de l’accident nucléaire de Fukushima, la Fondation Helen Caldicott organisait un symposium exceptionnel de deux jours à l’Académie de médecine de New York. À cette occasion, des personnalités de renommée internationale, scientifiques, médecins, biologistes, ingénieurs nucléaires, mais aussi des personnes inconnues comme ces marines qui se sont fait gravement irradiés alors qu’ils étaient en mission, ont présenté des communications et discuté des conséquences biomédicales et écologiques de la catastrophe de Fukushima. Voici les noms des intervenants : Herbert Abrams, Robert Alvarez, David Brenner, Ken Buesseler, Helen Caldicott, Maurice Enis, Ian Fairlie, Cindy Folkers, David Freeman, Arnie Gundersen, Kevin Kamps, Naoto Kan, Hiroaki Koide, David Lochbaum, Joseph Mangano, Akio Matsumura, Timothy Mousseau, Mary Olson, Jaime Plym, Hisako Sakiyama, Steven Starr, Mari Takenouchi, Wladimir Wertelecki, Steven Wing et Alexey Yablokov.

Malgré la grande qualité des interventions, cet événement international consacré à l’une des catastrophes nucléaires les plus graves de l’Histoire est passé presque inaperçu dans les médias, en particulier en France. Suite à ce constat, une vingtaine de personnes, toutes bénévoles, se sont mobilisées pour réaliser des traductions françaises et allemandes afin de diffuser les communications sur la toile. Mais la tâche était colossale. Il n’y avait pas moins de 26 conférences à transcrire et à traduire à partir de vidéos. Grâce à l’impressionnante mobilisation de Kna, l’objectif a été quasiment atteint au bout de 20 mois.

Le blog de Fukushima, qui se proposait de diffuser les textes et …

ALERTE à l’offensive du lobby du nucléaire

ALERTE à l’offensive du lobby du nucléaire

Par Pierre Péguin, le lundi 15 février 2021, 10:38 – Coordination-Antinucleaire-Sudest.net

Ce billet a pour but d’attirer l’attention sur l’offensive de valorisation du nucléaire engagée par le lobby et ses soutiens. Non seulement cela apparait dans des décisions récentes (voir ci-dessous), mais ce qui vient de se passer à Montpellier doit nous interpeller.

Il s’agit de la démarche, en direction d’associations écologiques ou sociétales, du think thank Shift project financé par de grands groupes intéressés par le nucléaire et présidé par JancovicI.

Il apparait que nous sommes face à une offensive du lobby pour influencer certains mouvements de défense du climat, au sein desquels de nombreuses personnes ne connaissent du nucléaire que le discours convenu officiel.

Voir la lettre que  Didier Latorre d’Arrêt du Nucléaire 34 a diffusé en réaction à cette situation : Shift Project.pdf

Pourquoi cette offensive ?

EDF et l’Etat préparent l’annonce de la construction de 6 réacteurs EPR et se préparent à neutraliser autant que possible les oppositions que cela déclenchera. Cette annonce est différée à après les prochaines présidentielles (sachant que les partis politiques de pouvoir sont pronucléaires à part EELV, F.I. et NPA).
Mais, dès maintenant, EDF passe commande au Creusot de pièces nécessaires à ces constructions, ce qui signifie que quel que soit le résultat des présidentielles, l’État nucléaire considère être sûr de s’imposer (sait-on que dans chaque ministère, l’un des conseillers est membre du corps des mines qui gère le CEA et le nucléaire?…).
Et