L’accident nucléaire grave

L’accident nucléaire grave

Article de Marc Saint Aroman de 1999
avec des mises à jour de 2020

– 1 – Mensonge premier

Lors du lancement des programmes nucléaire civil à travers le monde, les promoteurs du nucléaire ont nié le risque d’accident majeur auprès des populations. Suite à Hiroshima et Nagasaki, il était nécessaire de créer, dans l’esprit des gens, l’image d’un atome civil bienfaiteur pour l’humanité et donc sans le moindre lien avec l’atome militaire qui venait de faire preuve de son diabolisme.

En France, la probabilité de voir cet accident majeur était infime. En 1975, le bulletin édité par le service des relations publiques d’EDF affirmait que le risque de fissures dans les tuyauteries du circuit primaire était du même ordre de probabilité que celui de la chute d’une grosse météorite sur la centrale.

Le risque d’accident grave était chiffré à 1 par million d’années pour un réacteur.

Pour un accident encore plus grave, type Tchernobyl, la probabilité tombait à 1 par milliard d’années et par réacteur.

Pourtant, tôt dans la vie des réacteurs il a été établi que l’oxydation de certains composants en acier constituait une source d’inquiétude vis-à-vis de la sûreté (« Contrôle » juin 1999).

En 1970, le rapport « Wash 1400 » dit « Rapport Rasmussen » composé de plus de 3 000 pages était établi sur la sûreté du parc de réacteurs américains. Il présentait une probabilité calculée de fusion du cœur d’un réacteur à eau sous pression (REP) de l’ordre de un

Études épidémiologiques autour des centrales nucléaires européennes

Texte réalisé le 15 septembre 2012 pour Stop Golfech par Marc Saint Aroman

Études épidémiologiques autour des centrales nucléaires européennes

Comme vous pourrez en juger à travers les 7 études épidémiologiques résumées ci-dessous, le nucléaire apparaît sous un visage très différent de celui fabriqué et vendu par ses promoteurs : même sans accident majeur, le nucléaire engendre des problèmes sanitaires graves : les premières victimes des effets délétères de l’atome sont les enfants.

Dans ce qui suit, la vigilance de scientifiques indépendants s’est révélée utile à la démonstration des manipulations conduites délibérément par certains auteurs d’études : ces manipulations visent à gommer les excès de leucémies infantiles mis en évidence autour des installations nucléaires. Dans les études grotesques on notera celle autour du Tricastin (IV) dans laquelle l’Autorité de sûreté nucléaire s’est compromise. L’étude en Suisse est également notable (V) avec l’oubli de la moitié de la population exposée aux retombées des centrales… côté allemand ! Mais la Belgique (VII) décroche le pompon de la caricature scientifique avec un périmètre d’étude de 20 km autour des centrales alors que l’histoire de l’épidémiologie autour des « centres nucléaires de production électrique » a démontré que c’est dans un périmètre de 5 km parfois de 10 km qu’apparaît l’essentiel des problèmes sanitaires. Petit tour des études autour des centrales atomiques européennes et seulement des centrales puisque nous ne disposons pas encore de données épidémiologiques sur l’ensemble de la chaîne du nucléaire (*).

– I – Leucémies et centrales anglaises 1987 –

«

Incidents de l’année 2020 à Golfech – Analyse

Incidents de l’année 2020 à Golfech – Analyse

Une analyse Marc Saint Aroman. À retrouver dans le n° 85 de Stop Golfech

Problème du 5 juin 2020 sur le réacteur n°1

D’après EDF : ce problème est survenu suite à une opération de maintenance : il s’agit d’une fuite de liquide primaire dans la bâtiment des auxiliaires nucléaires. La déclaration sera faite 5 jours plus tard et classée au niveau 1 suite « au non-respect des spécifications techniques d’exploitation et à la détection tardive de l’événement ».
Le circuit fuyard est utilisé pour le suivi des paramètres radiochimiques de l’eau du circuit primaire. « Les équipes de la centrale détectent l’inétanchéité d’un robinet situé sur le circuit de prélèvement d’eau servant au suivi des paramètres radiochimiques, comme étant à l’origine de la fuite vapeur. Elles procèdent immédiatement (Sic) à un surresserrage du robinet éliminant l’inétanchéité ». L’ASN précise que la fuite aura duré six heures environ.

Selon elle, les calculs réalisés a posteriori par l’exploitant montrent que le débit de cette fuite a été supérieur au seuil de 230 litres par heure défini dans les spécifications techniques d’exploitation. En conséquence, le volume de liquide fuyard peut être évalué à 6 fois 230 litres soit un minimum de 1 tonne 380 kg.
L’ASN précise encore : « La fuite a été collectée dans le puisard 1 RPE 004 CU. Un dégagement de vapeur dans ce puisard est à l’origine d’une faible contamination volumique, restée inférieure à 200 Bq/m3 ». Avec un …

Quand le politique maintient la France dans une voie atomique criminelle

Théodore Monod : « La préparation d’un crime est un crime »

Quand le politique maintient la France dans une voie atomique criminelle

Comment pouvoir laisser fonctionner des outils dangereux dont les composants essentiels, bien que prévus pour une durée de fonctionnement de 25/30 ans par leurs concepteurs, ont subi un vieillissement accéléré qui a encore fortement réduit ces prévisions ? On a pu voir que ce sont les contraintes terribles qui règnent dans les centrales nucléaires qui ont diminué cette longévité comme des températures de plus de trois cent degrés, des pressions jusqu’à 150 fois la pression atmosphérique, des rayonnements ionisants intenses qui dégradent tout.

Comme décrit tout au long de ce document, le résultat est :

  • la perte d’élasticité de tous les aciers entraînant la menace permanente de leur rupture,
  • la dégradation de tous les composants depuis les bétons de gros œuvre jusqu’à la plus petite vis du cœur.
  • l’apparition de multiples fissures de toutes formes de toutes dimensions, y compris dans des zones inattendues.

Comment EDF pourrait-elle être autorisée à faire fonctionner des réacteurs au-delà de 40 ans quand les industries traditionnelles, y compris la chimie, limitent à 25/30 ans la durée de leur installation afin de bénéficier d’outils de productions rentables et sûrs ? Elles ne sont pourtant pas, contrairement au nucléaire, accablées par des mêmes énormes terribles contraintes précitées.

Article de Marc Saint Aroman
Enrichissant le Chapitre VIII de son enquête sur le Grand Carénage

Le titre de ce paragraphe, s’appuie sur une citation de Théodore Monod qui évoquait la force de frappe : « La préparation

Nucléaire : quel avenir avec un aussi lourd passif ?

Nucléaire danger

Marc Saint Aroman pour l’ENSEEIHT – 2005
Ce texte a été publié en mars 2005 dans la revue Canal N7,
journal de l’association des ingénieurs de l’I.E.T.- E.N.S.E.E.I.H.T.
Il reçu de violentes critiques de la part d’ingénieurs en retraite de chez EDF…
Les ingénieurs des autres branches industrielles ne se sont pas manifestés.

1 / Expérimentations nucléaires, banques de données et normes de radioprotection – la sécurité discutable… mais peu débattue :

Depuis l’extraction laborieuse de polonium et de radium à partir de plusieurs tonnes de pechblende par Pierre et Marie Curie en 1898 en passant par l’arme atomique et jusqu’à la large utilisation du nucléaire pour produire de l’électricité, les dégâts des rayonnements ionisants sur l’homme ont rempli une énorme bibliothèque de référence. La première banque de données concerne les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki. Vinrent ensuite, à travers le monde, des expérimentations réalisées sur des civils et des militaires qui furent placés, très souvent délibérément dans les champs de tirs atomiques atmosphériques afin d’étudier l’impact que ces tirs et leurs retombées avaient sur eux. En ex-union soviétique, un million de personnes environ, dans un rayon de 160 km, furent exposés à un tir de 20 kilotonnes à 350 m d’altitude réalisé par l’armée en septembre 1954. Sur les terrains brûlants de radioactivité de ce tir 45 000 soldats firent ensuite des exercices imposés (1). La France en fit de même en Algérie à partir de 1960 puis en Polynésie de 1966 à 1974 à travers des essais atmosphériques …

Pourquoi l’interdiction du grand carénage doit être imposée à EDF

L’avertissement dernier de Hieronymus Bosch

de Marc Saint Aroman 
Réalisé sur une idée originale de la rédactrice du journal Stop Golfech – mars 2020  – 

Note préalable

À travers les lignes qui suivent, l’auteur se limitera à un balayage non exhaustif des problèmes qui touchent les centrales nucléaires tellement ils sont nombreux, divers et importants. Bien sûr, tous les réacteurs français étant de même facture, ce document ne se limite pas à la seule centrale de Golfech mais concerne tous les réacteurs de France. L’auteur s’attachera seulement à montrer comment, devant la grande difficulté de créer de nouvelles installations, les tenants de l’atome, sous l’œil bienveillant de politiques et sans l’avis des financeurs que nous sommes, commettent la faute lourde de faire vieillir au-delà du raisonnable leurs installations. Pour tranquilliser le citoyen sur leur projet ils l’ont affublé d’une appellation rassurante : « grand » et « carénage ».qui sous-entend une protection d’envergure.
Avec les sommes dépensées dans le rafistolage des réacteurs on pourrait aujourd’hui investir massivement dans les économies d’énergie et produire d’énormes quantités d’énergies renouvelables comme le font déjà depuis longtemps avec succès de nombreux pays à travers le monde.

Les documents dont la synthèse va suivre, non disponibles en France, ont été traduits de documents essentiellement américains. Ils ont pu faire l’objet d’erreur d’interprétation de l’auteur : de fait, bienvenue à toutes les propositions, remarques, ou compléments (cela pourra conduire à une version 2 de ce document). 

La synthèse qui suit, va constituer un élément supplémentaire …

INCIDENT NIVEAU 2 DU 8 OCTOBRE, QUESTIONS-RÉPONSES MARC ST AROMAN ET HERMINE DURAND (ASN)

Incident niveau 2 du 8 octobre, questions-réponses entre Marc St Aroman (Amis de la Terre Midi-Pyrénées et Stop Golfech) et Hermine Durand (ASN)

Voici donc l’extrait du mail reçu hier de Me Hermine Durand que je remercie pour son travail, concernant nos interrogations sur le problème d’octobre dernier. Me Durand précise que l’ASN est toujours en instruction sur ce problème et que l’autorité attend encore des réponses d’EDF. Suite à ces dernières, l’ASN demandera une analyse complémentaire à l’IRSN. Les 4 mois d’analyse montrent que l’on est pas du tout sur une affaire banale !

Les réponses apportées ci-dessous dans le corps du texte éclairent parfaitement de nombreux points mais, bien que ne disposant pas de suffisamment de connaissances sur ces situations peu décrites dans les documentations, je reste sceptique sur d’autres points : par exemple sur le fait que le pressuriseur ait pu quasiment se vider par son simple conduit de liaison au circuit primaire alors qu’il était en dépression. Marc St Aroman (16-12-2019)

Objet : ESS n°24 à Golfech du 8 octobre 2019
// ESS : Événement Significatif pour la Sûreté
«Comme vous avez eu l’amabilité de nous demander si les réponses au problème survenu le 8 octobre 2019 à Golfech, apportées lors de la CLI du 4 décembre dernier nous satisfaisait : après échanges et prise de connaissance auprès des ami-e-s de Stop Golfech voici les éléments que les citoyens exposés aux menaces de la filière atomique doivent pouvoir connaître plus de deux mois après la survenue